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vendredi 16 novembre 2018

Aung San Suu Kyi déchue du prix d'"ambassadrice de conscience" par Amnesty International




L'ONG reproche à la dirigeante birmane d'avoir "trahi les valeurs qu'elle défendait autrefois". Amnesty International a retiré à Aung San Suu Kyi, lundi 12 novembre, le prix d'"ambassadrice de conscience" qu'elle lui avait attribué en 2009. "En tant qu'ambassadrice de conscience d'Amnesty International, nous espérions que vous utiliseriez votre autorité morale pour dénoncer l'injustice partout où vous la verriez, même en Birmanie", a écrit Kumi Naidoo, le secrétaire général de l'ONG, dans un courrier adressé à la dirigeante.


Aung San Suu Kyi avait été nommée ambassadrice de conscience d'Amnesty en "reconnaissance de sa lutte pacifique et non violente pour la démocratie et les droits humains". Elle vivait à l'époque assignée à résidence, sous la surveillance de la junte militaire. "Nous sommes consternés de constater que vous ne représentez plus un symbole d'espoir, de courage et de défense indéfectible des droits de l'homme", a-t-il ajouté. "Nous vous retirons donc ce prix avec une profonde tristesse".
Amnesty International entend ainsi dénoncer les "multiples violations des droits de l'homme" observées depuis l'arrivée d'Aung San Suu Kyi à la tête du gouvernement birman en 2016. Plus de 700 000 Rohingyas ont fui en 2017 les exactions commises par des militaires birmans et des milices bouddhistes et se sont réfugiés au Bangladesh voisin, où ils vivent depuis dans d'immenses campements de fortune.

Des atteintes à la "liberté d'expression"

Mi-septembre, la Mission d'établissement des faits de l'ONU sur la Birmanie a présenté devant le Conseil des droits de l'homme de l'ONU un rapport dénonçant un "génocide", et appelant à des poursuites devant la justice internationale contre des généraux birmans.
Ancienne icône de la démocratie, prix Nobel de la Paix en 1991, Aung San Suu Kyi a été critiquée pour sa froideur, son manque de compassion et d'action devant le sort réservé aux musulmans rohingyas. Elle n'a jamais condamné les violences. L'ONG a également déploré les "atteintes à la liberté d'expression". "Des défenseurs des droits humains, des militants pacifiques et des journalistes ont été arrêtés et emprisonnés, tandis que d'autres sont menacés, harcelés et intimidés pour leur travail".
En septembre, deux reporters birmans de l'agence Reuters, accusés d'"atteinte au secret d'Etat" pour avoir enquêté sur un massacre de musulmans rohingyas par l'armée, ont été condamnés à sept ans de prison. Ils ont fait appel.

publié le 
franceinfo avec AFP

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