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mercredi 5 septembre 2018

Yémen: à Genève, des pourparlers pour arracher la paix



L’ONU organise de nouvelles discussions jeudi pour mettre fin à un conflit qui a déjà tué plus de 17 000 civils. La sortie de crise semble lointaine en raison, notamment, du rôle joué par l’Iran et l’Arabie Saoudite.


Une petite fenêtre diplomatique s’ouvre jeudi à Genève dans le tunnel de la guerre du Yémen. Pour la première fois depuis deux ans, les deux parties yéménites participent à des «consultations» sous l’égide de l’ONU. Depuis 2015 et l’intervention de la coalition arabe, le conflit a fait tué près de 17 000 civils, déplacé 2,5 millions d’autres et fragilisé 8,4 millions de personnes en proie à la famine et exposées aux maladies, selon un bilan publié le 28 août par un groupe d’experts créé par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU.
Ce rapport accablant pointe de possibles crimes de guerre commis par toutes les parties au conflit. Le bilan des victimes n’inclut pas les 26 enfants tués le 23 août par un raid aérien ni les 40 écoliers morts quinze jours plus tôt dans une frappe sur le bus qui les transportait.
L’enchaînement dramatique se reproduit régulièrement, tous les dix ou quinze jours : une frappe aérienne de la coalition arabe menée par l’Arabie Saoudite atteint un mariage, un enterrement ou un marché, faisant des dizaines de morts et de blessés civils. Les organisations des droits de l’homme dénoncent le silence du monde entier et interpellent les gouvernements occidentaux accusés de complicité avec Riyad, qui leur achète ses armes dévastatrices. Les humanitaires lancent des cris d’alarme sur les difficultés d’accès aux populations en besoin d’aide alimentaire et médicale, sur les records de cas de choléra et d’autres maladies. L’ONU relance un appel à une solution politique négociée entre les parties en présence. Puis le Yémen disparaît des regards jusqu’au raid meurtrier suivant.
Le conflit qui se déroule dans ce pays de 27 millions d’habitants, parmi les plus pauvres du monde, se réduit à ces irruptions tragiques sans susciter d’intérêt diplomatique et médiatique. Plutôt que d’une «guerre oubliée», Radhya Mutawakil, cofondatrice de l’organisation yéménite des droits de l’homme Mwatana, préfère parler d’une «guerre ignorée». Car le Yémen est d’abord victime de «la malédiction de la géographie, dit la jeune militante yéménite. Nous ne comptons pour personne, alors que tout le monde a des intérêts avec l’Arabie Saoudite.»

Qui se bat contre qui et pourquoi ?

Deux camps principaux s’affrontent aujourd’hui au Yémen, un pays qui se retrouve coupé en deux. D’une part, les forces du gouvernement légitime, reconnu par la communauté internationale, dont la capitale provisoire est à Aden. Elles sont soutenues par une coalition de pays arabes menée par l’Arabie Saoudite et les Emirats arabes unis. D’autre part, des rebelles du mouvement Ansarullah («partisans de Dieu»), plus communément appelés Houthis, du nom de leur chef de 38 ans, Abdel Malik al-Houthi. D’obédience zaïdite, une branche minoritaire du chiisme historiquement implantée au Yémen, les Houthis sont soutenus à distance par l’Iran. Ils contrôlent la capitale, Sanaa, et une grande partie du nord du pays, ainsi que le port stratégique d’Al Hudaydah sur la mer Rouge. La confrontation entre ce qui ressemble à des milices des deux côtés s’enlise dans des batailles d’une intensité variable, sur plusieurs fronts. Les raids aériens de la coalition contre les positions des Houthis provoquent le plus de dégâts et de victimes civiles.

Comment en est-on arrivé là ?

Si l’intervention militaire «Tempête décisive» de la coalition arabe depuis mars 2015 marque un tournant et une escalade dans le conflit, elle n’en est ni la cause ni l’origine. C’est l’engrenage d’une guerre de clans yéménites, commencée par la révolte populaire de 2011, dans la foulée des printemps arabes, qui a dégénéré en conflit régional. « Les causes premières remontent au refus du Président, Ali Abdallah Saleh, de se retirer du pouvoir», souligne Franck Mermier, anthropologue et directeur de recherche au CNRS (1).
Après des mois de manifestations et de répression sanglante en 2011, le dictateur yéménite Saleh, à la tête du pays depuis trente-trois ans, signe un accord sous l’égide du Conseil de coopération du Golfe, selon lequel il abandonne le pouvoir en contrepartie de son immunité. Son vice-président, Abd Rabbo Mansour Hadi, unique candidat, est élu président en 2012. Il est encore aujourd’hui le chef d’Etat légitime, reconnu par la communauté internationale et soutenu par la coalition arabe. Après avoir accepté son éviction sous la pression de la rue et de l’Arabie Saoudite, l’ancien dictateur veut alors prendre sa revanche et s’allie à ses ennemis d’hier. «L’ambition personnelle de Saleh était de revenir au pouvoir avec l’aide des Houthis puis de leur marcher dessus», note Franck Mermier.
Début 2014, l’instance chargée du dialogue national yéménite présente un plan d’Etat fédéral composé de six provinces. Le projet prévoit que le gouvernorat de Sadah, à la frontière saoudienne, fief des Houthis, soit intégré à un territoire sans accès à la mer. Combattants aguerris, ces rebelles rejettent la solution et lancent une offensive fulgurante vers la capitale Sanaa, avec la complicité de Saleh et d’unités de l’armée restées fidèles à l’ex-président.
En janvier 2015, ils assiègent le palais présidentiel obligeant son locataire, Abd Rabbo Mansour Hadi, à fuir vers Aden, puis en Arabie Saoudite quand les Houthis prennent le contrôle du grand port du Sud. C’est alors que l’armée saoudienne, à la tête d’une coalition arabe soutenue par les Etats-Unis, entre en guerre. L’Iran condamne une «agression militaire» et une «démarche dangereuse». Une confrontation régionale se greffe sur la guerre des clans yéménites.

S’agit-il d’une Guerre civile, d’un conflit régional ou d’une confrontation communautaire ?

Ces trois dimensions expliquent la complexité ainsi que la poursuite de la guerre au Yémen. « Le pays est fortement morcelé avec des particularismes régionaux très ancrés, fait valoir Franck Mermier. Il y a d’abord une grande division entre nordistes et sudistes, avec une tendance indépendantiste forte chez ces derniers. Puis des divisions politiques pour ou contre les Houthis. Ceux-là se sont emparés des rouages de l’Etat et de l’armée en prenant Sanaa et sont parvenus à contrôler les chefs de tribus. La polarisation de la société et de la population autour des forces politiques se fait sur la base des préférences régionalistes », ajoute le spécialiste du Yémen.
Pour ce qui est du lien entre l’Iran et les Houthis zaïdites,«il s’agit d’une proximité plus politique que communautaire», nuance Franck Mermier. Foncièrement anti-américain, le mouvement Ansarullah, qui s’inspire du Hezbollah libanais qui l’a aidé depuis 2012, a adopté les mêmes slogans : «Mort à l’Amérique, mort à Israël». Ils s’étaient opposés à Saleh quand celui-ci s’est aligné sur les Etats-Unis, notamment pour combattre Al-Qaeda. Leur opposition à l’Arabie Saoudite est moins religieuse parce qu’ils considèrent le royaume comme un laquais des Américains.
« L’Iran est beaucoup moins impliqué que ne le suggèrent les Saoudiens, estime Franck Mermet. Même l’aide militaire qu’on accuse Téhéran de fournir aux Houthis est grossie et ne suffit pas à renverser la donne. En s’emparant des arsenaux important de l’armée de Saleh, ils ont de quoi faire. Mais l’intérêt certain de l’Iran est de voir l’Arabie Saoudite continuer de s’embourber au Yémen 
Du côté des légitimistes, soutenus par la coalition arabe, on est loin d’un camp unifié. Saoudiens et Emiriens jouent chacun leur partition sur le terrain. Les premiers appuyant le président Hadi et le parti Islah, proches des Frères musulmans, tandis que les seconds favorisent des salafistes et minent les efforts de Hadi de reconstruire l’Etat. « On est face à deux extrémismes religieux : Houthis au Nord et Frères musulmans ou salafistes au Sud. La différence est que les premiers sont organisés et contrôlent seuls le Nord tandis que les autres sont des groupes divisés et rivaux », résume Radhya Mutawakil, de l’organisation Mwatana, qui parle du désarroi de la majorité de la population qui « n’a plus confiance en personne et ne pense qu’à sa survie».

Est-il possible de sortir de l’impasse ?

Radhya Mutawakil résume : «Toutes les parties au conflit sont faibles et nulles. Aucune n’a de chance de gagner. En plus de leur incompétence militaire, les Saoudiens n’ont rien fait pour asseoir le pouvoir légal dans le Sud, ou renforcer les structures de l’Etat : ni armée, ni gouvernement, ni services. Même le président Hadi passe la plupart de son temps à Riyad.» La militante souligne par ailleurs que le temps est propice à la négociation car tous les camps cherchent une porte de sortie.
Depuis le début du conflit en 2011, sept accords de trêve négociés par l’ONU ont avorté tandis que deux envoyés spéciaux des Nations unies ont échoué dans leurs efforts de trouver une solution. Le troisième, Martin Griffiths, diplomate britannique nommé en février, a convoqué les différentes parties ce jeudi à Genève pour des pourparlers. Le gouvernement du président Hadi comme les rebelles Houthis y participent sans toutefois se rencontrer.
«Ces discussions ont des chances d’aboutir estime Franck Mermet. L’option fédérale reste une hypothèse de travail valable et on peut la faire évoluer avec quelques modifications des frontières. En tout cas, elle vaut mieux qu’une séparation Nord-Sud ou pire encore Sud-Sud.» Reste à voir si les tentatives de règlement par l’ONU auront le soutien nécessaire des principales puissances mondiales pour mettre fin à un conflit dont la poursuite ne dérange personne, et arrange certains.

Par Hala Kodmani — 

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