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mardi 4 septembre 2018

En Birmanie, deux journalistes condamnés à sept ans de prison pour « atteinte au secret d’Etat »



Les reporters birmans de l’agence de presse Reuters ont été arrêtés alors qu’ils enquêtaient sur l’assassinat de musulmans rohingya par l’armée.

Sept ans de prison pour avoir enquêté sur un massacre ! Ce verdict très lourd, prononcé lundi 3 septembre par un tribunal de Rangoun à l’encontre de deux journalistes birmans de l’agence de presse britannique Reuters, accusés de violations de « secrets d’Etat », illustre le plus clairement du monde la dérive désormais résolument antidémocratique de l’Etat birman.

Wa Lone, âgé de 32 ans, et Kyaw Soe Oo, 28 ans, avaient été arrêtés en décembre dernier alors qu’ils enquêtaient sur l’exécution sommaire par des soldats birmans de dix paysans rohingya dans le village d’Inn Din, situé dans l’Etat de l’Arakan. Les corps des dix suppliciés avaient été retrouvés après les massacres de masse perpétrés à partir du 25 août 2017 par les forces de sécurité contre les membres de cette minorité musulmane de l’Ouest birman. Ces derniers avaient été forcés de fuir par centaines de milliers au Bangladesh voisin pour échapper aux tueries (lire leur enquête en anglais sur le site de Reuters).
Tout, dans cette affaire de « justice », démontre que les deux reporters ont été les victimes d’un piège tendu par la police birmane pour les incriminer alors qu’ils s’approchaient de trop près de la vérité : quelques instants avant leur arrestation, ils dînaient avec des policiers qui leur avaient remis des documents « secrets » à propos du massacre des dix Rohingya. Les deux journalistes avaient été appréhendés quelques instants plus tard par d’autres policiers qui « découvrirent » alors sur eux les documents en question…
EN AVRIL, UN OFFICIERDE POLICE AVAIT AFFIRMÉ DEVANT LE TRIBUNAL QU’IL ÉTAIT AU COURANT QU’UN GRADÉ AVAIT REÇU L’ORDRE DE « PIÉGER » LES DEUX REPORTERS
En avril, l’officier de police Moe Yan Naing avait affirmé devant le tribunal où étaient jugés les deux journalistes qu’il était au courant qu’un gradé avait reçu l’ordre de « piéger » les deux reporters en leur « donnant des documents secrets ». Le policier a ensuite été condamné à un an de prison pour « violation du code de discipline ».
« Génocide »
Mais le juge Ye Lwin n’a rien voulu entendre de tout cela, ce qui se conçoit dans un pays où l’on ne peut imaginer que la justice soit indépendante du pouvoir : « Nous avons estimé que les coupables ont eu l’intention de nuire aux intérêts de l’Etat. Ils sont coupables en vertu de la loi sur la protection des secrets d’Etat », a-t-il énoncé. La loi en question date de la colonisation britannique et pouvait envoyer derrière les barreaux les deux journalistes pour une durée de quatorze ans.
L’armée avait fini par reconnaître en début d’année que les dix paysans rohingya avaient bien été exécutés par des soldats et des membres de milices villageoises bouddhistes. Mais pour ajouter aussitôt que les dix personnes étaient des « terroristes », membres de la guérilla de l’Armée du salut des Rohingya de l’Arakan (ARSA), dont les attaques contre des casernes de policiers et de soldats avaient précédemment provoqué la répression militaire à une grande échelle.
Le verdict de lundi est à mettre en parallèle avec le rapport d’une commission d’enquête de l’ONU rendu public lundi 27 août : pour la première fois, les militaires birmans se retrouvent accusés d’être responsables d’un « génocide » contre les Rohingya. Le rapport des Nations unies a également recommandé que le chef d’Etat major de l’armée, le général Min Aung Hlaing, ainsi que cinq de ses adjoints, soient déférés devant la Cour pénale internationale pour leurs « crimes contre l’humanité ».
Marche arrière autoritaire
Après le verdict de lundi, il semble bien que la Birmanie, engagée depuis sept ans dans un processus de « démocratisation », ait fermement enclenché la marche arrière autoritaire. La condamnation des deux journalistes soulève déjà de toute part l’indignation : « Aujourd’hui est un triste jour pour le Myanmar [nom officiel de la Birmanie] et pour la presse », a réagi Stephen J. Adler, rédacteur en chef de Reuters.
Dénonçant de « fausses accusations », il a ajouté que ce verdict « avait pour but de museler l’enquête [des journalistes] et d’intimider la presse ». Un peu plus tard, le responsable en Birmanie des Nations unies, Knut Ostby, a publié un communiqué demandant que « Wa Lone et Kyaw Soe Oo soient autorisés à retourner chez eux et à continuer leur travail de journalistes ». « Je pense que tout (…) le procès était une parodie de justice. J’exhorte donc le gouvernement de Birmanie à les libérer dès que possible, immédiatement », a de son côté déclaré Michelle Bachelet, chef du Haut-commissariat de l’ONU aux droits de l’homme.
La France a également « déploré », lundi, leur condamnation, la qualifiant de « sérieuse atteinte à la liberté de la presse et à l’Etat de droit » en Birmanie, selon un porte-parole du ministère des affaires étrangères à Paris. Le gouvernement britannique a appelé à la libération « immédiate » des deux journalistes. « Dans toute démocratie, les journalistes doivent être libres d’exercer leur métier sans crainte ni intimidation. Ce verdict porte atteinte à la liberté de la presse en Birmanie », a déploré un porte-parole de Downing Street.
Les Etats-Unis se sont joints à l’appel pour leur libération, l’ambassade américaine sur place déclarant que « les failles indéniables dans cette affaire remettent en cause l’état de droit et l’indépendance judiciaire en Birmanie », avant d’exhorter les autorités « à mettre fin aux poursuites arbitraires contre les journalistes qui font leur travail ».
L’avocat des deux inculpés a annoncé qu’il va faire appel du jugement. Mais le seul espoir d’une libération anticipée réside sans doute dans un pardon que pourrait leur accorder le président de la république, Win Myint. Elu en avril, il est très proche de la dirigeante, Aung San Suu Kyi, de facto chef du gouvernement, qui n’a jamais, depuis les massacres de l’année dernière, montré la moindre velléité de critique à l’égard d’une armée qui continue à contrôler l’essentiel du pouvoir.
LE MONDE | 

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